Partie 5 : les choses deviennent plus compliquées
La nuit avait permis à Mélanie de se remettre de ses émotions de la veille. Mais elle avait encore le souvenir de ses fessées et elle ne souhaitait vraiment pas en reprendre d'autres tout de suite. David lui avait donné du travail à faire et après avoir déjeuné et fait sa toilette, elle se mit sur la petite table qui lui servirait de bureau, dorénavant, et commença à travailler.
"Eh ben toi, tu vas devenir la pensionnaire modèle, ici ! Lui dit Sophie.
- Tu as déjà pris une fessée de David ?
- Oui, et je reconnais que c'est très dissuasif.
- Ben voilà, tu as tout compris."
Mélanie se replongea dans ses bouquins et ce n'était pas si dur. La politique l'intéressait vraiment et elle prenait goût à étudier.
L'alarme de l'inspection venait de sonner. Dix secondes plus tard, David était dans la chambre. Les filles s'apprêtèrent à se déculotter.
"Non, pas la peine, les filles, dit David , personne ne viendra vous embêter. Mélanie, continue de travailler et toi Sophie, range un peu, tu te laisses aller et tu dois sortir dans quinze jours.
- Hein ? Je change d'aile mais c'est tout...
- Pas exactement. Tu as démontré que tu étais capable de te gérer en bonne intelligence. Donc tu sors de l'établissement libre. Tu seras sous surveillance discrète mais tu seras libre avec un casier vierge. On t'offre un nouveau départ dans ta vie. À toi de saisir ta chance.
- Mais... Euh... Je ne suis pas prête pour ça...
- Ne t'inquiète pas, on va t'aider. Nous avons envisagé de t'adjoindre un tuteur pour t'aider à répartir, c'est quelqu'un de très bienveillant. Il sera là pour te soutenir dans tes choix mais aussi, au besoin pour te rappeler les règles. Tu ne seras pas seule. Ce tuteur, tu le connais, et tu l'aimes bien puisque c'est Adrien.
- Ooooh mais euuuh.... Fit Sophie sous le choc de la nouvelle.
- Allez, Sophie, range-moi ton coin. "
Très perturbée par cette nouvelle, Sophie s'exécuta en pensant à la perspective d'être enfin libre. Elle était une des premières pensionnaires de l'établissement, ça faisait un an tout juste. Tout comme Mélanie, elle avait grave déconné et elle ne supportait pas la frustration, ni l'autorité. Le début du séjour dans l'établissement fut très compliqué, elle passa par l'unité la plus dure et à force de discipline, elle avait progressé. Et aujourd'hui, elle était donc prête à sortir. Enfin, théoriquement, car elle, elle ne se sentait pas du tout prête et elle avait peur du dehors...
La sonnerie retentit une deuxième fois signifiant la fin de l'inspection. David sortit de la chambre après avoir rappelé aux filles d'être sages.
"C'est qui, Adrien ? Demanda Mélanie.
- Euuh... C'était mon premier tuteur, il était très strict avec moi.
- Qu'est-ce qui s'est passé pour qu'ils te changent de tuteur ?
- Ben euuh, c'est un peu délicat...
- Il t'a agressé sexuellement ? Ou un truc comme ça ?
- Euuuh non ! C'est plutôt moi qui lui ai sauté dessus, rit Sophie. J'en suis tombée amoureuse... Du coup, il ne pouvait plus me suivre car déontologiquement, il est interdit à un tuteur d'avoir une relation sentimentale avec une de ses tutorées. Ils me l'ont retiré, ça a été une période assez noire pour moi. Je crois que c'est la période où j'ai été le plus punie. J'étais révoltée. Du coup, j'ai passé un mois dans l'aile nord. J'étais tellement ingérable que je prenais dix fessées carabinées par jour ! Au bout d'un mois, j'en suis sortie bien calmée mais il a fallu que je reste à l'infirmerie un mois supplémentaire pour me soigner les fesses et les cuisses. Il n'y avait rien de profond, ils savent faire pour ne pas te blesser, mais qu'est-ce que j'ai pu avoir mal. Il faut reconnaître que ça m'a bien calmé.
- Mais du coup, revoir Adrien ne va pas te poser de problèmes ? S'ensuit Mélanie.
- Quand je pense à lui, j'ai le cœur qui bat très fort. Ils le savent et je crois qu'ils ont fait exprès de me le ré-attribuer. Il ne me l'a jamais clairement dit, mais je sais que je ne le laisse pas indifférent non plus.
- Vous avez couché ensemble ?
- Hélas, non ! Mais bon Dieu, je te garantis que s'il me le propose, je ne vais pas dire non !"
- Merde, tu vas me donner envie, toi ! Et il faut que je bosse !
- Tu sais qu'il y a tout ce qu'il faut dans le tiroir de ta table de nuit, et ce n'est pas interdit car ça participe à l'équilibre psychique... Essaie juste d'éviter de le faire dans la journée... Un surveillant peut entrer sans frapper. Ça pourrait être un peu... Gênant!
- Sans blague, rit Mélanie.
- Allez, remets-toi au boulot ! "
C'est à ce moment là que David revint dans la chambre. Mélanie avait bien bossé sans toutefois atteindre totalement l'objectif que lui avait fixé son tuteur, et précisément, il était là pour vérifier où elle en était. La jeune femme lui expliqua ce qu'elle avait travaillé dans le détail. David l'écouta patiemment et avec bienveillance. Mélanie fut honnête en précisant qu'elle n'était pas arrivée aux objectifs fixés.
"Mélanie, je vois que tu as fait des efforts pour essayer de tenir ce que je t'avais demandé. Je t'ai promis de te punir si tu n'avais pas assez travaillé. Tu n'as pas atteint tes objectifs car tu manques de méthode, pas de volonté. Je vais donc te dire comment tu dois faire et je ne te punirai pas cette fois. Mais la prochaine fois, tu connaîtras la bonne méthode donc tu devras atteindre tes objectifs, on est d'accord ?
- Oui, David, répondit-elle un peu soulagée.
- Bien, je veux que tu finisses, donc je te laisse une heure de plus. "
Et il sortit à nouveau de la chambre.
" Eh ben dis donc ! Tu as une chance de folle, toi ! En temps normal, tu aurais fini sur ses genoux à pleurer ta race ! Tu veux que je te dise ? Il te kiffe, David !
- Arrête tes conneries, Sophie. Mais j'avoue être contente d'avoir échappé à une bonne fessée. Allez, je m'y remets, il faut que je finisse."
Elle passa une bonne partie de l'après midi sur ses devoirs en utilisant la méthode de David. C'est vrai que c'était plus efficace. Elle réussit à terminer juste avant l'inspection du soir avant dîner. Justement, la sonnerie retentit encore une fois mais cette fois-ci, David ne vont pas. Les filles se préparèrent pour une inspection habituelle. Une surveillante passa devant elles :
"Suivez-moi, toutes les deux !" Le ton ne souffrait aucune contradiction et les filles obéirent même si elles étaient habillée sans le bas. La surveillante les fit entrer dans un bureau. David était présent avec Mme Delaunay et une autre surveillante. Elles n'étaient pas les seules pensionnaires de l'aile, deux autres étaient là aussi. Mélanie remarqua les fesses particulièrement rouges de l'une d'elles. Qu'est ce qui se passait ? Ni Sophie, ni Mélanie n'en avait la moindre idée mais ça ne sentait pas bon. Un autre homme rentra dans la pièce. Sophie le reconnut tout de suite, c'était Adrien et son mètre quatre-vingt, toujours aussi bien sapé, toujours aussi impressionnant. Sophie l'aimait, mais elle le craignait énormément et sa présence ne pouvait pas être le fait du hasard. Il y avait un problème et aucune des deux filles ne savait de quoi il s'agissait. Personne ne dit mot.
"Bien, puisque tout le monde est là, nous allons pouvoir commencer, dit la directrice Delaunay. Nous devons tirer une affaire au clair, et votre sort dépend de ce que vous allez nous dire. Asseyez-vous, sauf Amandine vu l'état de vos fesses, vous pouvez rester debout. "
Les trois filles s'asseyèrent et se demandaient toujours ce qu'il se passait. Ce fut David qui prit la parole :" Nous avons trouvé un objet non autorisé dans une de vos chambres." Il sortit un petit sachet de poudre blanche et le posa sur le bureau devant les filles.
"Nous savons que deux d'entre-vous étaient au courant sans savoir lesquelles. Nous voulons des réponses claires et précises. Nous vous laissons une chance de vous dénoncer et de nous expliquer. Si vous ne la saisissez pas, nous serons obligé de fesser chacune d'entre-vous jusqu'à ce que nous obtenions des réponses. À vous de choisir ! "
Le silence régnait dans le bureau. Sophie se leva et observa de plus près le sachet. Il y avait une marque discrète dessus, une marque qu'elle connaissait. Elle savait à qui appartenait ce sachet. Mais elle n'y était pour rien. Elle avait peur d'être punie si elle parlait et adieu la sortie.
"Sophie ? Tu reconnais ce sachet ? Demanda Adrien.
- Euuuh... Non, pas le sachet, jamais vu !
- Sophie, si tu as une information, mieux vaut la dire tout de suite !
- Eh ! Une minute, j'ai rien fait ! J'ai pas envie de me faire punir pour rien, moi !
- Si tu sais quelque chose, dis-le et il ne t'arrivera rien.
- Non, je ne sais rien." insista Sophie. Adrien s'apprêtait à attraper Sophie pour lui mettre une bonne fessée mais David l'arrêta.
"Sophie, il est clair que tu as une information mais que tu as peur de nous la donner. Pourquoi ?
- Parce que je dois sortir bientôt et que je ne veux pas être mêlée à aucune histoire !
- Est-ce que tu as peur des représailles ici ou à l'extérieur ?
- Si je parle, vous allez croire que je suis complice, vous allez me punir et je ne sortirai pas d'ici !
- Bon, écoute, à moins que ce sachet ne t'appartienne, tu ne risque rien, d'accord ?
- Mouais, ce sachet ne m'appartient pas, je ne sais pas d'où il vient mais...
- Mais ?
- Il y a une marque dessus, et je connais cette marque.
- Tu peux nous en dire plus ?
- Vous l'avez trouvé chez Amandine, c'est ça ? Et vous l'avez punie, n'est-ce pas ? Vous pensez que c'est à elle. Vous vous êtes fait piéger. Vous l'avez punie injustement, elle n'y est pour rien. On l'a piégée aussi.
- Et tu sais qui l'a piégée ? Demanda David.
- J'ai une petite idée, oui. Amandine, tu ne te serais pas embrouillée avec Lucie ou Juliette, par hasard ?"
Amandine regarda Sophie abasourdie.
"Comment tu sais ça ? Demanda Amandine.
- Ces deux connasses sont protégées par des filles de l'aile nord qui sont récemment passées dans notre unité. C'est leur marque, sur le sachet. Mais le sachet vient de l'extérieur et pour qu'il rentre, il faut une complicité dans le staff. Lucie et Juliette sont les commanditaires mais ce ne sont pas elles qui ont fait circuler ce sachet. Je les connais, elles sont trop connes pour ça.
- Alors qui? Demanda Mme Delaunay.
- Si je le dis, répondit Sophie, jamais vous ne me croirez et vous annulerez ma sortie.
- Pourquoi ?
- Parce que vous connaissez la personne qui vous fait passer pour une conne tous les jours. Ça faisait un moment que je m'en doutais, mais je n'avais pas de preuve. J'en ai maintenant.
- Je t'en prie, dit David, dis-nous qui c'est !
- Elle n'a qu'à se dénoncer elle-même puisqu'elle est dans cette pièce."
Les regards se scutèrent les uns les autres. Seule Hélène, la surveillante qui avait emmené les filles dans ce bureau se gardait bien de lever les yeux. Tout le monde le remarqua et les têtes se tournèrent vers elle.
"Eeeeh !! Vous n'allez quand même pas penser que c'est moi, hein ?
- Réfléchissez bien : je suis sûre que c'est elle qui a trouvé le sachet chez Amandine ! Comme par hasard. En fait, il n'y a jamais été. C'est un coup monté de toute pièce pour faire comprendre à Amandine qui sont les patrons. Je suis à peu près certaine qu'elle en a d'autres dans ses poches ou ailleurs avec la même marque dessus.
- Ça suffit, dit Mme Delaunay. Ce sont des accusations très graves, Sophie, tu en es consciente ?
- Bah, je savais que vous ne me croiriez pas de toute façon !"
Discrètement, Adrien avait mis la main dans une des poches de la blouse d'Hélène. Il en sortit deux sachets portant la même marque qu'il jeta sur le bureau.
"Moi, je te crois, dit Adrien. Ces sachets, je viens de la prendre dans la poche de la blouse d'Hélène."
La directrice et David furent stupéfaits tandis qu'Hélène se liquéfiait.
"Hélène !! S'exclama la directrice. Mais pourquoi ?
- Car je hais cet établissement pourri ! Quand j'ai été embauchée, j'espérais vraiment aider les filles qui seraient ici. Et c'était le cas au début, jusqu'à ce que vous construisez l'aile nord. Vous pratiquez la torture, là dedans. Les filles ressortent cassées, quand elles en ressortent ! Je suis sûre qu'il y en a qui y laissent leur peaux ou qui deviennent folles et que vous les cachez !
- Qui vous a mis ça dans le crâne, Hélène, hurla Noémie Delaunay. Jamais aucune fille n'a seulement été blessée durablement dans l'aile nord ou une autre ! Jamais je ne l'accepterais, vous entendez. Je vous croyais loyale, j'avais confiance en vous et vous m'avez trahie, vous m'avez vraiment pris pour une conne. Vous allez le regretter !
- Va te faire foutre, connasse ! Répondit Hélène.
- David, Adrien, veuillez conduire Hélène dans une chambre sous bonne garde, le temps que j'obtienne une ordonnance du juge !"
Hélène sortit du bureau tenue par les deux hommes. Ne restait dans la pièce que Noémie, Amandine, Léa, sa copine de chambrée, Sophie et Mélanie.
"Je voudrais te remercier, Sophie, dit Mme Delaunay. Je comprends que tu aies eu peur qu'on te punisse car tu doutais qu'on te croie. Ton attitude va permettre de démanteler tout un réseau, très probablement. Il n'y a pas de raison que tu sois enfermée ici plus longtemps. Tu sortiras dès demain, le temps de te préparer des vêtements sympa à te mettre sur le dos et de te trouver un logement décent.
- Ça, c'est déjà fait, répondit Adrien qui était revenu dans le bureau. Je lui ai trouvé un T3 confortable et dont le loyer est payé pour un an.
- Parfait, dit Noémie. Tu auras également un compte en banque avec une indemnité de reinsertion de mille euros versée tous les mois, également pour un an. Tu devrais trouver un emploi d'ici là, Adrien t'y aidera. Il sera également là pour surveiller que tu ne fais pas de grosses bêtises. Mais il se fera discret la plupart du temps. Tu pourras l'appeler chaque fois que tu auras besoin. Ça te convient ?
- À vrai dire, madame, je ne sais pas si je suis prête à sortir... J'ai un peu peur...
- Je comprends, Sophie, c'est bien pour ça qu'Adrien vivra avec toi les premières semaines. Il sera là pour que tu puisses prendre un bon départ. C'est une nouvelle vie qui commence pour toi. Tu as fait énormément d'efforts et nous te remercions de nous avoir fait confiance même si ça a été très dur parfois. Aujourd'hui, c'est à nous de te renvoyer l'ascenseur. Tu le mérites. Nous t'aiderons."
Sophie était toute émue de ce qu'il venait de se passer. Mélanie la prit dans ses bras.
"Tu vas y arriver, Sophie. Et je serai de tout cœur avec toi. Tu as été là pour moi. Je serai là pour toi quand je sortirai d'ici. Je te le promets." Sophie se laissa aller dans les bras de la jeune femme.
"Vous pouvez retourner dans vos chambres respectives. Vous ne serez pas sanctionnées et vous êtes toutes dispensées de tâches obligatoires pendant les trois prochains jours."
Les filles sortirent du bureau, pour la première fois, non accompagnées et de plus, maintenant, elles avaient un statut particulier.
À suivre...
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