Une nouvelle histoire qui commence. Nous sommes en 2030. Les dernières élections ont changé beaucoup de choses dans notre société. Certaines sont de vrais progrès en améliorant le niveau de vie de la plupart des gens qui arrivent enfin à bien vivre de leur travail, d'autres un peu plus difficile à accepter, surtout pour les jeunes. Effectivement, une plus grande fermeté à été décidée envers ceux qui ne respectent pas la loi. Non, on ne les envoie plus en prison, mais dans des établissements disciplinaires où on va tenter de leur faire comprendre que pour bien vivre en société, il faut commencer par obéir au lois de cette société. Pour les garçons, il a été rétabli la conscription et sont donc envoyés à l'armée sous surveillance étroite et une discipline de fer. Les premiers résultats sont très encourageants. Mais pour les filles, il a été estimé que cette solution n'était pas appropriée. Il a donc fallu trouver autre chose...
Mélanie n'était pas vraiment une mauvaise fille. Elle n'était pas méchante mais son éducation avait été laissée de côté par ses parents car ils n'en avaient que pour son frère. Sans frein, sans limite, sans cadre, elle avait fait énormément de bêtises, plus ou moins graves, mais suffisamment pour s'être fait remarquer par la justice. Du petit larcin à la grosse arnaque et enfin au vol pur et simple, elle avait accumulé un dossier assez épais pour occuper une bonne dizaine de magistrats et d'officiers de police judiciaire. Et puis ce fut la bêtise de trop. La condamnation tomba comme un coup massue : I.N.J.F.D. Sous cet acronyme se cache une institution judiciaire, l'Institut National pour Jeunes Filles en Difficultés qui n'était autre qu'un établissement disciplinaire aux règles très strictes et c'était le seul endroit en France où on y autorisait le châtiment corporel sous la seule forme de la fessée. Toute autre forme y était interdite. Les jeunes filles ont pour obligation d'obtenir un diplôme de niveau supérieur à ce qu'elles possèdent déjà. On met à leur disposition des cours qui leur correspondent avec les professeurs ad hoc.
Il faisait beau en ce lundi matin. Il était environ dix heures et les couleurs de l'automne illuminaient les arbres. Toutefois Mélanie n'avait cure de cette beauté à cet instant précis où elle allait franchir le lourd portail en fer forgé de l'institut. Sans doute pour la première fois de sa vie, une sourde crainte s'installa en elle. Elle, l'intrépide, l'effrontée, l'insolente, rien ne lui avait fait peur... Jusqu'à aujourd'hui.
Les rumeurs allaient bon train concernant l'I.N.J.F.D. Il paraissait qu'on obligeait les filles à faire les pires choses. Bien entendu, rien n'était vrai mais ça entretenait la crainte donc on ne faisait rien pour démentir les rumeurs. On disait même que certaines filles n'en étaient pas sorties vivantes. C'était complètement faux, bien entendu, il n'y avait même pas eu un accident, pas une blessure, le plus grave se limitant à une entorse et l'infirmerie était digne d'un hôpital parfaitement équipé. On avait pris toutes les précautions.
Mélanie s'avança dans le large chemin qui emmenait jusqu'au bâtiment de l'institut. Elle se demanda si elle n'allait pas faire demi-tour. Mais les deux agents en civil qui l'accompagnaient l'en dissuada. Ces gars là n'étaient pas des rigolos et même s'il n'étaient pas armés, leur carrure ne souffrait d'aucun doute quant à la capacité de la maîtriser. Elle ne broncha donc pas et poursuivit jusqu'à la grande porte d'entrée.
"Restez là et ne bougez pas, dit l'un des agents.
- Oui, monsieur." Répondit-elle en faisant profil bas.
L'agent s'absenta quelques minutes tandis que l'autre surveillait Mélanie de manière attentive , mais discrète. Il était là sans être là. Le premier agent revint accompagné d'une femme, plutôt jeune et jolie, bien habillée mais sans que ce soit du luxe. Elle impressionnait par sa prestance et son autorité.
"Mlle Delcourt ? Suivez-moi ! Merci, messieurs, votre mission se termine ici, je prends le relais." Encore une fois, l'autorité de cette femme n'était pas contestable, les agents partirent et Mélanie suivit ce qui semblait être une surveillante ou quelque chose qui ressemble à ça sans discuter, toute parole était inutile. Elles entrèrent dans un bureau austère où le seul meuble était une immense table sur laquelle on avait déposé des habits. Mélanie ne fut pas longue à comprendre que ça lui était très probablement destiné.
"Je m'appelle mademoiselle Clémence. C'est ainsi que dorénavant tu devras m'appeler. Cet institut n'est pas une prison classique même si ta liberté est dorénavant restreinte aux murs de l'enceinte qui entourent le bâtiment. Il y a suffisamment d'espace pour se dégourdir les jambes. Tout le domaine est sous vidéo surveillance. Donc inutile de faire le mur. D'autre part, tu vas porter sur toi un dispositif de géo-localisation, que tu ne pourras pas enlever. Si tu tentes de l'enlever en dehors des cas prévus, à savoir la douche ou un acte médical, tu seras punie, et je peux te dire que tu n'auras pas envie de recommencer. Dans l'immédiat, tu vas te déshabiller complètement.
- Euuuh, devant vous ? Demanda Mélanie.
- Je suis une femme, donc oui. Ensuite, tu iras prendre une douche, je t'accompagnerai pour te surveiller. Enfin, tu t'habilleras avec l'uniforme que je vais te fournir. À partir de ce moment là, ce seront les seuls vêtements que tu seras autorisée à porter. Pendant tes règles, tu porteras des culottes de règles qu'on te fournira. Tes vêtements actuels seront lavés et conservés jusqu'au jour de ta sortie.
- Combien de temps je vais rester ici ?
- Cela dépend de toi et de ton attitude. Cela dépend aussi de ce que tu envisages de faire pendant ton séjour ici.
- Je suis obligée de faire des études ?
- Oui. Et tu as intérêt à travailler. Plus encore que le résultat, ce qui compte ici sont les moyens que tu vas te donner pour y parvenir. Allez, déshabille-toi maintenant."
Mélanie s'exécuta. Elle se retrouvait nue devant cette femme. Mademoiselle Clémence la conduisit à la douche qui se trouvait dans la pièce à côté. Mélanie s'attendait à trouver une douche simple typique des prisons ou des internats bas de gamme. Il n'en était rien. C'était une douche bien plus luxueuse que ce qu'elle avait chez elle. Cela la surprit. Comme annoncé, mademoiselle Clémence resta là à la surveiller mais se fit malgré tout discrète.
La jeune fille de vingt cinq ans sortit de la douche toujours sous l'œil de mademoiselle Clémence.
"Bien, dit cette dernière, tu devras également te raser ou t'épiler, c'est au choix mais ton intimité doit être impeccable. Si tu n'y arrives pas toute seule, tu pourras me demander car je suis ta responsable. Je serai ton interlocutrice principale. Si tu as des questions, c'est à moi qu'il faudra les poser et à personne d'autre. En attendant, sur la table, tu as tout ce qu'il faut pour t'habiller."
Encore une fois, Mélanie fit ce qu'on lui demandait sans protester. Elle ne savait pas à quoi s'attendre donc, elle fit tout pour ne pas se faire remarquer. Mais les formalités ne faisaient que commencer. Une fois habillée, mademoiselle Clémence inspecta la tenue, corrigea un ou deux détails et demanda à Mélanie de la suivre. Elle lui remit un téléphone portable.
"Ne rêve pas ! Ce téléphone ne fonctionne que sur le réseau interne de l'institut, il te permettra de recevoir ton emploi du temps et tes convocations. Ça me permettra également de savoir ce que tu fais. Bon, maintenant voici ton dispositif de géo-localisation, il s'agit d'une bague que tu devras porter en permanence. Perds la ou retire-la sans y être autorisée et la punition sera immédiate et très désagréable. Maintenant, tu es prête à aller voir le directeur. Je te conseille d'être particulièrement obéissante et de ne répondre qu'avec beaucoup de respect si tu ne veux pas avoir d'ennuis tout de suite. Allons-y ! "
Mélanie ne savait pas trop quoi penser des éventuelles punitions dont lui avait parlé mademoiselle Clémence. Mais elle sentait qu'il valait mieux les éviter. Aussi, c'est avec beaucoup de prudence qu'elle entra dans le bureau du directeur.
"Merci, Clémence, vous pouvez nous laisser, maintenant. Assieds-toi, Mélanie. Ne sois pas surprise, nous tutoyons tous nos pensionnaires, ici. Nous allons apprendre à faire connaissance, dit-il en ouvrant son dossier. Je vois que tu as abusé de la patience du juge, vu le nombre de fois où tu t'es retrouvé devant elle. Je la connais assez bien et si elle t'a envoyé ici, c'est que tu lui as tapé sur le système de manière insistante et je suis poli. Mais si tu n'es pas en prison, c'est aussi qu'elle croit que tu es, disons, récupérable. Tu ne dois donc pas être une si mauvaise personne. Je me demande toujours comment une jeune fille comme toi se retrouve dans cette situation.
- Demandez à mes parents, osa Mélanie.
- Vas-y, Mélanie, vide ton sac.
- Mes parents ne se sont occupé que de mon frère. Il avait tout et je n'avais que les miettes. Oh, ils m'ont foutu une paix royale, je faisais ce que je voulais puisqu'ils s'en foutaient totalement. Je sortais, je buvais, je faisais la fête avec les copains et les copines. Le seul truc c'est que je pouvais leur demander tout le fric que je voulais, ils me le donnaient car comme ça, je leur foutais la paix, et c'était tout ce qu'il voulaient.
- Pas de cadre, pas de limite...
- Pour quoi faire ? On s'en fout, ça sert à rien, de toute façon, personne ne les respecte. La vie, c'est la débrouille, point. Le reste, c'est du blabla démagogique.
- Pourtant tu as été à l'école et tu avais de bonnes notes...
- C'est le seul endroit qui m'intéressait mais quand j'ai voulu faire des études après mon bac, mes parents ont dit que c'était trop cher et qu'ils avaient déjà les études de mon frère à payer. Ils m'ont dit que je n'avais qu'à travailler à l'usine ou faire caissière de supermarché. J'ai rien contre les caissières, hein, mais ce n'est pas ce que j'ai envie de faire. Ils m'ont coupé les vivres à vingt et un ans. Je me suis barré et j'ai vécu deux ans chez un copain.
- Je vois. C'est là qu'ont commencé tes bêtises...
- Fallait bien que je bouffe !
- Tu aurais pu avoir des aides...
- Et comment j'aurais su, personne ne m'a jamais aidé.
- Nous, on va t'aider mais ce sera donnant donnant. Il faudra que tu te comportes de façon irréprochable. On va te donner la possibilité d'étudier dans de bonnes conditions mais on va te donner un cadre, des règles. Si tu enfreins l'une d'elle, il y aura des conséquences désagréable. Est-ce bien clair ?
- Et ça va m'apporter quoi, votre truc, votre cadre ? Ça sert à rien puisque dehors tout le monde s'en fout.
- Les personnes que tu as fréquenté s'en foutent et passent leur temps en taule, c'est ce que tu veux ?
- Ben, si je peux éviter, je préfère, mais si j'ai pas le choix, au point où j'en suis, ce ne serait pas bien grave...
- Ça l'est car tu ne pourrais plus faire ce que tu souhaites, n'est ce pas ?
- Bah, ça changerait quoi ? C'est ma vie, elle est comme ça. C'est pas aujourd'hui que ça va changer.
- N'importe comment, tu dois respecter les lois de ce pays, arrêter tes bêtises et avoir un travail qui te permet de vivre. Je suis là pour t'apprendre ça.
- Et si je refuse ? Demanda Mélanie.
- Eh bien nous devrons employer des moyens plus persuasif. Nous avons des moyens pour te faire obéir que tu n'imagines pas et que je te déconseille de tester. Tu peux sortir de mon bureau. Clémence ?
- Oui, Monsieur ? Dit cette dernière en rentrant dans le bureau.
- Je pense que Mélanie a besoin d'un cadre très strict. Vous l'affecterez à l'aile ouest.
- Bien monsieur. Suis-moi, Mélanie."
La jeune fille se leva et suivit Clémence. Le bâtiment était divisé en quatre ailes distinctes appelées par leur points cardinaux. L'aile sud était la plus souple, c'était celle où les pensionnaires étaient quasiment prêts à quitter l'établissement. L'aile nord était la plus stricte, les filles étaient particulièrement difficiles. L'entrée dans cette aile était strictement gardée par des hommes et un système de sécurité renforcé. L'aile est était pour les filles qui avaient compris qu'il ne valait mieux pas transgresser les règles mais qui avait beaucoup à apprendre d'un point de vue comportemental. Quant à l'aile ouest, Mélanie allait la découvrir. Elle passa un système de sécurité et on l'a fit entrer dans une pièce vide. "Attends ici qu'on vienne te chercher, dit Clémence. Je te préviens, ce que tu vas vivre ne sera pas très agréable. Obéis à tout ce qu'on te demandera sans protester. Hélas, je ne puis rentrer dans cette aile, donc ce ne sera plus moi ton superviseur.
- Mais, je croyais que ce serait vous qui seriez ma responsable...
- Le directeur en a décidé autrement."
Clémence sortit de la pièce, Mélanie se retrouvait seule. Elle commençait vraiment à avoir peur. Quelques minutes plus tard, trois hommes, plutôt jeunes pour au moins deux d'entre-eux tandis que le troisième était plus âgé entrèrent.
L'uniforme de Mélanie se composait d'une chemise blanche, d'une jupe à carreau bleue et lignes blanches qui descendait jusqu'à deux centimètres au-dessus des genoux, d'une culotte blanche taille basse mais couvrant ses fesses et d'un soutien gorge blanc.
"Enlève ta culotte et ta jupe tout de suite, ordonna le plus vieux.
- Mais...."
Elle n'eut pas le temps de réfléchir qu'elle fut bloquée penchée sur la table et se retrouva sans rien sous la ceinture. Le plus âgé lui enleva également sont soutien gorge.
"Ces vêtements sont interdits dans cette aile de l'établissement. Tiens, mets cette jupe et sois sage !"
Il lui tendit une jupe mais bien plus courte. Cette dernière arrivait à peine à couvrir ses fesses. Mélanie la mit les larmes aux yeux. Elle commençait à regretter d'être arrivée dans cet établissement. Qu'est ce qui l'attendait encore ?
Très bon récit !
RépondreSupprimerHâte d'avoir la suite